Gustave Doré, de l’illustrateur à l’artiste

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Réalisé par Pascale Bouhenic

Il n’y a pas un Gustave Doré, mais plusieurs : l’illustrateur bien sûr, le peintre, le dessinateur, le caricaturiste, le sculpteur. Mais aussi le gymnaste, l’alpiniste, le violoniste… Doré est un homme de tous les excès, tant dans sa production artistique que dans son comportement, ce qui lui jouera des tours. Ce sont ces multiples facettes, et les nombreuses tentations dans la vie de l’artiste que ce film éclaire, à l’occasion d’une exposition organisée par le musée d’Orsay.

Construit sans aucun commentaire, s’appuyant sur les témoignages de spécialistes et d’admirateurs de Doré, ce film est aussi un dialogue entre le XIXe et le XXIe siècle : aux critiques de Baudelaire ou de Zola aux éloges de Nadar, répondent des voix d’aujourd’hui : celles d’auteurs et de dessinateurs (Tomi Ungerer, Philippe Druillet, Guillaume Dégé), d’historiens de l’art et de conservateurs de musée (Valérie Sueur, Marie-Jeanne Geyer, Roland Recht ou Philippe Kaenel), d’une directrice de la photo (Agnès Godard) et d’une sociologue (Nathalie Heinich). C’est cette variété des points de vue qui nous fait entrer dans le monde de Doré. Car l’œuvre est gigantesque, démesurée. Elle est le signe d’une puissance de travail toujours en éveil, d’une curiosité sans bornes. Peut-être aussi la trace de l’insatisfaction d’un artiste que même sa célébrité ne console pas de son rêve d’être peintre – un grand peintre, unique manière d’avoir la reconnaissance de son époque.